Le Pajero Sport remanié n’est pas devenu le vaisseau amiral de la gamme Mitsubishi par hasard — le Pajero pleine taille a été abandonné, et le coût de la mise à jour d’un modèle produit sans interruption depuis 2006 ne pouvait tout simplement pas se justifier. Les priorités stratégiques de Mitsubishi évoluant, le trône est revenu à ce robuste SUV, dont les origines remontent à une plateforme de pick-up utilitaire. Alors, comment se comporte le nouveau vaisseau amiral ? Nous avons parcouru 500 kilomètres pour le découvrir.
Quoi de neuf dans le restylage du Pajero Sport ?
Le restylage a été dévoilé il y a quelques années, mais des perturbations d’approvisionnement ont retardé jusqu’à maintenant un véritable essai presse. Les changements sont ciblés plutôt que radicaux — Mitsubishi s’est concentré sur l’usage au quotidien plutôt que sur une refonte mécanique, en partie pour des raisons budgétaires et en partie parce que sa clientèle fidèle et conservatrice ne réclame pas d’évolutions radicales.
Les principales mises à jour du restylage comprennent :
- Face avant redessinée avec une imposante calandre chromée et des phares LED étroits
- Amortisseurs avant revus pour un meilleur confort de roulage
- Nouveau hayon électrique à détecteur de pied (une première pour le modèle Pajero)
- Habillage de coffre remodelé pour évacuer l’eau lorsque le hayon s’ouvre sous la pluie
- Fonction Auto Hold ajoutée à l’équipement
- Nouveau système d’alerte de véhicule approchant pour les manœuvres de stationnement

Moteur et transmission : le turbodiesel 2,4 litres à la loupe
Nos véhicules d’essai sont arrivés dans la finition haut de gamme Ultimate, animés par le familier moteur turbodiesel 2,4 litres 4N15 développant 181 ch et 430 Nm de couple. Le V6 essence 3,0 litres optionnel ne faisait pas partie de l’essai — il représente moins de 10 % des ventes et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Associé à une boîte automatique à huit rapports Aisin, voici comment se comporte la chaîne de traction en pratique :
- Conduite en ville : Souple et discrète — le cliquetis du diesel dont se plaignent certains collègues reste tout à fait dans les limites acceptables. La boîte automatique change de rapport rapidement et la circulation urbaine ne pose aucun problème, qu’il s’agisse de démarrer aux feux ou de changer de voie.
- Sur autoroute : Le Sport tient le cap avec assurance, même s’il présente un léger mouvement ondulant sur les imperfections invisibles de la route. L’amplitude reste maîtrisée et ne devient jamais déstabilisante.
- Dépassements : C’est ici qu’il faut de la patience. La motricité lors des reprises en roulant est modeste — rétrogradez d’un rapport à la palette une seconde avant la manœuvre et gardez l’accélérateur à fond pendant celle-ci. Le diesel monte lentement dans les tours, et une reprogrammation du calculateur est populaire chez les propriétaires pour cette raison. Cela dit, jusqu’à 120 km/h, les dépassements restent tout à fait gérables, à défaut d’être grisants.
- Consommation : Le trajet d’essai de 500 km, mené avec entrain, a affiché un peu moins de 11 litres aux 100 km. Le réservoir de 68 litres offre une autonomie réelle d’environ 700 km par plein.
Intérieur : confort, ergonomie et le problème du vaisseau amiral

Vingt-quatre heures au volant n’ont laissé aucune trace de fatigue — une véritable prouesse pour un SUV à châssis échelle. Il subsiste toutefois plusieurs curiosités ergonomiques qui semblent déplacées sur une voiture désormais positionnée comme vaisseau amiral :
- Pas de réglage de siège à mémoire — même en finition Ultimate, la hauteur et la profondeur de la colonne de direction se règlent manuellement à chaque fois
- L’application Mitsubishi Remote Control ne peut être appairée qu’à un seul téléphone — aucun profil utilisateur pour plusieurs conducteurs
- La console centrale est suffisamment large pour que certains conducteurs la trouvent étriquée ; les parois latérales épaissies, ajoutées pour empêcher les conducteurs de grande taille de frotter le plastique du tunnel, ne résolvent pas entièrement la plainte liée à la largeur
- La sellerie en cuir est plutôt rigide et paraît plus fonctionnelle que haut de gamme
- Pas de ventilation des sièges — une véritable lacune lors d’un essai sous climat chaud
- Les relevés du TPMS ne sont pas facilement accessibles depuis l’écran principal du tableau de bord
Côté positif, l’intérieur se nettoie facilement et la position de conduite elle-même convient bien aux longs trajets. Une journée de 1 000 km d’une seule traite paraît tout à fait envisageable.
Sécurité et aides à la conduite de la finition Ultimate

La configuration Ultimate apporte une panoplie complète de technologies de sécurité active et passive :
- Régulateur de vitesse adaptatif
- Auto Hold (avec une limite de maintien de 10 minutes avant désengagement)
- Surveillance des angles morts avec témoins dans les rétroviseurs
- Caméra de vision périphérique à 360 degrés
- Freinage d’urgence automatique jusqu’à 80 km/h
- Alerte de véhicule approchant lors des manœuvres de stationnement (nouveauté de ce restylage)
La direction est légère et douce, avec près de quatre tours de butée à butée — mais le rayon de braquage reste sous les 5,6 m, si bien que le Pajero Sport se montre plus maniable dans les espaces serrés qu’on ne l’attendrait d’un grand SUV à châssis.
Aptitudes tout-terrain : le Super Select 4WD-II en action

Le temps sec et une interdiction liée aux risques d’incendie de forêt ont limité les sections tout-terrain au gravier et aux pistes en terre plutôt qu’à une véritable conduite sur sentier — mais il y avait tout de même de quoi évaluer le système Super Select 4WD-II. Voici ce que nous avons constaté :
- Enclenchement des quatre roues motrices : La molette active la transmission intégrale jusqu’à 100 km/h, avec une réponse en 3 à 4 secondes. Une légère secousse lorsque l’essieu avant s’engage sous l’accélérateur est une caractéristique connue de toutes les générations de Pajero Sport — pas un défaut, juste une particularité.
- Gamme courte : Avec le rapport démultiplié enclenché, le Sport dévale les pentes raides en plein contrôle sans toucher aux freins. Sûr et prévisible.
- Blocage du différentiel arrière : Activé en pleine montée sur un passage en croisement de ponts, le véhicule a atteint le sommet sans difficulté.
- Suspension : Les amortisseurs avant revus font une réelle différence. Le Sport d’avant restylage avait la réputation de rebondir vigoureusement sur la terre ; cette version absorbe les chocs proprement. Aucun grincement, aucun choc dans l’habitacle, aucun bruit de cliquetis sur la rude transition béton-bitume que nous avons abordée à vive allure.
- Un point de vigilance : Le bloc radiateur n’est toujours pas protégé par une grille métallique. Une pierre projetée par une route en gravier qui viendrait frapper l’intercooler pourrait vous immobiliser — il vaut la peine d’y remédier avec une protection adaptable.
Verdict : un vaisseau amiral compétent en quête d’identité

Le plus difficile avec le Pajero Sport remanié, ce n’est pas de le conduire — c’est d’ajuster ses attentes à ce qu’il est. Une voiture longtemps considérée comme une alternative économique au “vrai” Pajero s’est vu attribuer le statut de vaisseau amiral sans bond correspondant en raffinement. Même en finition Ultimate, l’habitacle paraît utilitaire plutôt que haut de gamme. C’est très bien pour les acheteurs qui privilégient la durabilité et la facilité de nettoyage aux surfaces moussées — mais c’est une tension que Mitsubishi n’a pas entièrement résolue.
Après deux journées complètes au volant, voici l’essentiel :
- ✅ Réellement confortable sur les longs trajets autoroutiers
- ✅ Excellente consommation pour la catégorie — moins de 11 L/100 km même en conduite soutenue
- ✅ Compétent en tout-terrain grâce à une transmission intégrale éprouvée et un blocage arrière
- ✅ Suspension améliorée par rapport au modèle d’avant restylage
- ✅ Technologies de sécurité et d’aide à la conduite complètes en finition Ultimate
- ❌ La qualité intérieure n’est pas à la hauteur du positionnement de vaisseau amiral
- ❌ Le turbodiesel exige d’anticiper les dépassements à vive allure
- ❌ Plusieurs limites ergonomiques qui semblent dépassées en 2022
- ❌ Pas de ventilation des sièges, pas de profils multi-utilisateurs, pas de sièges à mémoire
Le Pajero pleine taille me manquerait-il ? Honnêtement, non. Les dimensions du Sport conviennent mieux à un usage quotidien, et ses qualités tout-terrain sont solides pour le segment. Ce n’est pas le SUV le plus abouti que l’on puisse acheter, mais c’est l’un des plus honnêtes — et pour le bon acheteur, cela compte encore énormément.
Ceci est une traduction. Vous pouvez lire l’article original ici : https://www.drive.ru/test-drive/mitsubishi/60d99c526c487c28d2a905a2.html
Publié Mai 26, 2022 • 7m à lire