En chinois, Tien Shan signifie « Montagnes célestes ». Et Taishan ? « Mont Tai » — le sommet taoïste sacré et un symbole national de stabilité. « Stable comme le mont Tai », dit le proverbe chinois. Alors pourquoi le plug-in hybride porte-drapeau Voyah Taishan a-t-il besoin d’une suspension pneumatique à trois chambres pour être à la hauteur de ce nom ? Après une journée entière au volant, j’ai quelques idées — et quelques griefs.

Le Voyah Taishan est-il vraiment un « Maybach d’AliExpress » ?
Assez de snobisme. Ne peut-on pas simplement se réjouir pour les Chinois qui — pour le prix d’un BMW X3 — proposent un SUV à trois rangées réellement imposant ? En Chine, le Taishan débute à 380,000 yuan et culmine à un demi-million (environ $52,000–$69,000 USD).
Le problème ? Italdesign ne semble pas être au courant.

Le lien avec Italdesign : fait réel ou fiction ?
Oui, Italdesign a réellement aidé le conglomérat public Dongfeng à lancer la marque Voyah en 2020 — l’entreprise a construit l’élégant concept coupé i-Land pour les débuts de la marque, et le Free original avait quelque chose de franchement maseratiesque. Mais :
- Le Free a perdu l’essentiel de cette touche italienne après son restylage
- Le Taishan, en particulier, ne montre absolument aucun ADN Italdesign
- Les registres publics ne mentionnent que deux stylistes étrangers chez Dongfeng — le Français Nicolas Huet (qui a jadis signé la BMW 1 Series) et l’Allemand Henning Knopfle (issu du design industriel de véhicules utilitaires)
- Aucun des deux n’occupe un poste de design de premier plan
Ainsi, « Vent d’Est » — autrefois connu comme le Second Auto Works chinois — mise sur les talents de design maison. C’est une autre voie que celle de First Auto Works (FAW), qui a confié la direction du design de sa marque Hongqi au Britannique Giles Taylor.

Extérieur du Voyah Taishan : meilleur de près
Je serais tenté d’adresser à Dongfeng un pouce levé façon Lénine : « Vous êtes sur la bonne voie, camarades ! » Car de près, le Taishan cesse de ressembler à une imitation et commence à passer pour un crossover réellement séduisant et imposant. À condition de :
- Ne pas tapoter le plastique bon marché du bouclier avant chromé
- Éviter les jantes monobloc optionnelles qui singent Maybach
- Faire l’impasse sur les creux de poignées de porte façon « ciel étoilé »
- Rester sur la finition Taishan Max+, comme celle que j’ai essayée chez E.N.Cars

Intérieur : cosy, mais pas tout à fait premium
L’habitacle fait complètement oublier les critiques de copie. Parmi les points forts :
- Des contours de panneaux de porte fluides et harmonieux
- Des diffuseurs de ventilation dissimulés intégrés à la planche de bord
- Des sièges en cuir moelleux avec une fonction massage vraiment excellente
- Un profil de siège à réglage automatique via un seul bouton sur la console
Le réglage automatique n’a toutefois pas vraiment fonctionné pour moi — le système a gonflé le soutien lombaire et desserré les bourrelets latéraux, alors qu’il me fallait exactement l’inverse. Comme dit le vieux proverbe : « Ne regardez pas ma poitrine creuse — admirez mon dos de tonneau ! »
La position de conduite est haute — plus proche de l’autobus que de la voiture particulière — avec un volant posé très à plat. Au moins, il est rond, alléluia. Cette cabine haute sert probablement à maximiser l’espace des deux rangées arrière.

Espace à bord : étriqué pour un 5.2-Meter SUV
Voici la déception : pour un véhicule long de 5.2 meters (17 feet), le Taishan paraît étonnamment serré à l’intérieur.
Comparaison avec ses rivaux :
- Lynk & Co 900 et Zeekr 9X : de vrais six places, accueillants pour la troisième rangée
- Voyah Taishan : la troisième rangée est un recoin où l’on se glisse à peine
Les fauteuils capitaine de la rangée centrale sont motorisés jusqu’à l’absurde — même les accoudoirs ont des servomoteurs des deux côtés. Mais le mode « zero gravity » de l’ottoman droit ne vous permet que de poser les pieds sur le siège passager avant rabattu. Le coffre est également modeste, et sa finition toute simple jure avec l’ambiance qui rêve de Maybach à l’avant.
Autrement dit : ce n’est ni un Zeekr 9X ni un Lynk & Co 900. En sensation, il se rapproche davantage d’un Deepal S09 que de ces deux-là.

Roues arrière directrices et maniabilité
Un vrai bon point : le Taishan propose les quatre roues directrices sur la finition Max+ avant-dernière dans la gamme, tandis que :
- Le Deepal S09 ne les propose pas du tout
- Le Lynk & Co 900 les réserve à la finition haut de gamme Explorer
La maniabilité est excellente, le stationnement se fait sans effort et la visibilité est correcte. Il existe même un « crab mode », mais c’est surtout pour la galerie — les roues arrière ne peuvent braquer que jusqu’à 8 degrees, et les actionneurs les tournent lentement, en retard sur tout ordre rapide. À vitesse autoroutière, le Taishan ne montre aucun signe de roues arrière directrices. Ce qui, franchement, vaut mieux qu’une direction à personnalité multiple.

Le problème de mal des transports : pourquoi la suspension déçoit
Attendez une seconde. Quelque chose me remonte dans la gorge. Étrange — je n’ai pas faim, je n’ai pris qu’un café. Pourquoi ai-je soudain envie de citer de la littérature absurde sur des théâtres où tout le monde tombe malade ?
Dure vérité : le Voyah Taishan est la deuxième voiture qui m’ait jamais donné le mal des transports au volant. La première était une Jaguar XKR — mais je la cravachais sur des routes de montagne en lacets. Le Taishan m’a fait bâiller et m’a donné la nausée après seulement cinq minutes de conduite modérée.
Où donc est passée cette suspension à trois chambres censée sauver la mise ?

La suspension pneumatique à trois chambres expliquée
En théorie, diviser le ressort pneumatique en plusieurs chambres permet de combiner :
- Une conduite souple en ligne droite (toutes les chambres reliées)
- Une réponse plus ferme en manœuvre (chambres isolées pour plus de raideur)
C’est pourquoi Porsche, Audi et Bentley utilisent cette technologie — souvent associée aux roues arrière directrices. Le Taishan devrait rejoindre ce club d’élite. Et il y parvient presque :
- Il flotte sur les ondulations d’autoroute
- Il absorbe les ralentisseurs en douceur
Mais il tangue, prend du roulis et donne le mal de mer aux passagers du premier rang. Serrer le volant plus fort n’aide pas — il n’y a pas de vrai retour de direction sauf en High mode (le nom que Taishan donne à ce que tous les autres constructeurs appellent Sport). Le système Magic Carpet, qui utilise le lidar pour scanner la route devant et préparer la suspension aux bosses, a des limites évidentes — sur les revêtements plus dégradés, on sent encore les coups et frémissements de suspension.
Le Taishan permet aussi de régler séparément la raideur des ressorts et l’amortissement en mode personnalisé — une fonction rare. J’ai essayé d’assouplir les ressorts pneumatiques tout en gardant des amortisseurs fermes. Même cette combinaison perd face au High mode, où « high » renvoie au rapport altéré du conducteur avec la réalité.

Groupe motopropulseur et performances du Voyah Taishan
Les modes de conduite sont appelés « motivate modes » dans les réglages personnalisés — et seul Sport motive réellement quoi que ce soit. Malgré un poids à vide de 2,852 kg (6,287 lbs), le Taishan démarre en douceur mais avec une vraie urgence.
Fiche technique du Voyah Taishan
- Puissance totale du système : 517 hp (deux moteurs électriques plus un moteur turbo 1.5-liter)
- Capacité de batterie : 65 kWh
- Réservoir de carburant : 65 liters
- Poids à vide : 2,852 kg
- Longueur : 5.2 meters
- Transmission : hybride série-parallèle ; l’ICE entraîne les roues avant via un réducteur à un seul rapport
Contrairement aux hybrides Wey ou Lynk & Co 900 — qui utilisent respectivement des transmissions à 2 et 3 rapports — le Taishan relie son moteur aux roues avant par un simple réducteur, exactement comme le Zeekr 9X. Différence : Voyah fournit une batterie plus grosse et un réservoir plus grand que Zeekr.
Le turbo 1.5-liter est si silencieux que je ne l’ai pas remarqué une seule fois lorsqu’il entraînait les roues. Sur longs trajets, le Taishan devrait être à la fois confortable et économique — si vous pouvez ignorer la suspension.

Pourquoi seuls les passagers avant ont le mal des transports
Voici la partie curieuse : les passagers de la deuxième rangée ne se sentent pas mal du tout. Peut-être Dongfeng l’a-t-il conçu ainsi délibérément — pour motiver le conducteur à manier la voiture le plus en douceur possible ? Sur moi, cela a fonctionné. J’ai passé toute la journée d’essai à ne penser qu’à éviter de freiner ou d’accélérer brutalement.
Voilà votre vrai « motivate mode ».
L’explication la plus simple, bien sûr, est que les Chinois n’ont pas encore maîtrisé tout le potentiel de la suspension à trois chambres. Les Allemands l’ont inaugurée et se trompent encore parfois. Il faut de la patience. Bonne nouvelle : la plupart de ces défauts peuvent être corrigés par des mises à jour logicielles over-the-air.

Concurrents du Voyah Taishan : un segment porte-drapeau saturé
Le Taishan arrive dans ce qui est sans doute le segment le plus disputé en Chine — les SUV hybrides porte-drapeau de la « 9-class ». La liste des rivaux est si longue qu’on manque de doigts :
- Aito M9
- Denza N9
- Yangwang U8
- Leapmotor D19
- Wey V9X
- Li L9
- Zeekr 9X
- Lynk & Co 900
- Deepal S09
- Rox 01 / Adamas
- Volkswagen ID. ERA 9X
Où se classera le porte-drapeau de Voyah nommé d’après le mont Tai ? À noter : le vrai mont Tai ne mesure que 1.5 km — pas vraiment le Tien Shan avec le pic Pobeda.

Verdict : faut-il acheter un Voyah Taishan ?
Points forts :
- Un bon rapport prix/prestations face au tarif d’un BMW X3
- Vraiment séduisant de près
- Habitacle cosy et bien équipé avec d’excellents sièges massants
- Roues arrière directrices sur une finition intermédiaire
- Groupe motopropulseur hybride puissant et raffiné
- Intégration silencieuse et fluide de l’ICE
- Grande batterie et grand réservoir pour le confort au long cours
Points faibles :
- Troisième rangée étriquée pour un 5.2-meter SUV
- Coffre modeste à la finition bon marché
- La suspension à trois chambres donne du flottement sans tenue
- Le système Magic Carpet montre ses limites sur route dégradée
- M’a rendu nauséeux en cinq minutes
La suspension à trois chambres et la technologie à quatre lidars, avec un style inspiré de Maybach, sont censées distinguer le porte-drapeau Voyah de ses nombreux rivaux. Le font-elles vraiment — c’est une question pour la piste d’essai. À suivre.

Photo : Leonid Golovanov
Ceci est une traduction. Vous pouvez lire l’article original ici : Укачивающий гибрид Voyah Taishan в руках Леонида Голованова
Publié Mai 01, 2026 • 10m à lire