Le Changan CS75 FL est un SUV actualisé, avec un extérieur rafraîchi, un intérieur redessiné et un moteur turbocompressé de 150 chevaux — et il coûte nettement plus cher que le CS75 standard vendu à ses côtés. À ce niveau de prix, en particulier avec la transmission intégrale, il entre en concurrence directe avec les rivaux coréens et le nouveau Nissan Qashqai deux litres 4×4 à boîte CVT. Le Nissan est légèrement moins puissant mais, selon les données du constructeur, plus léger, plus économe en carburant et plus rapide sur le papier. Alors, comment se comparent-ils réellement sur la route ?
Qualité de fabrication extérieure : brillance chromée contre précision d’assemblage
Au premier regard, le Changan CS75 FL, fortement chromé, paraît haut de gamme et attire l’œil. Un examen plus attentif révèle cependant quelques défauts :
- L’émail s’écaille sur les logos
- Les bords intérieurs non peints des passages de roue avant, visibles portières ouvertes — un défaut également observé sur le CS55, plus petit
- Pour le reste, les pare-chocs et panneaux en plastique sont bien ajustés, avec des interstices réguliers
Le Qashqai, assemblé localement, présente quant à lui des irrégularités d’assemblage plus marquées. Les interstices entre panneaux sont plus larges et la visserie de fixation est parfois apparente. Le capot, lourd et dépourvu de vérins à gaz, laisse un tel jeu par rapport aux ailes et aux phares qu’on peut douter qu’il soit correctement verrouillé. Le capot du CS75 FL, en revanche, s’ouvre sans effort grâce à de véritables amortisseurs.

Qualité et équipements de confort intérieur
L’habitacle du Changan mêle plastiques et simili-cuir de qualités diverses, mais l’assemblage est impeccable — aucun grincement, aucun bruit de cliquetis, ni odeur désagréable, même lors des essais par 30 °C. Un compartiment de rangement réfrigéré entre les sièges avant est un ajout appréciable. Cela dit, le CS75 FL se montre étonnamment avare en options de confort, même dans la finition la plus haute :
- Pas de volant chauffant
- Pas de pare-brise chauffant
- Pas de sièges arrière chauffants
- Réglage en profondeur de la colonne de direction limité
- Assise du siège conducteur courte et molle, sans réglage du soutien lombaire
- Tableau de bord numérique de sept pouces peu fonctionnel — aucun affichage de l’autonomie, et la police des compteurs illisible en mouvement
- Seules les vitres avant disposent de la fonction une touche
Du bon côté, le siège conducteur bénéficie de réglages électriques et même d’une fonction mémoire — une rareté dans cette catégorie. L’éclairage d’ambiance est également présent. L’usage généreux du simili-cuir donne un aspect premium, mais sans perforations, il peut devenir chaud et collant en conduite estivale.

L’habitacle du Qashqai est plus sobre mais cohérent. La qualité de fabrication est solide, la plupart des matériaux de garniture sont doux au toucher — comme sur le X-Trail, plus grand — et chaque bouton autour du conducteur est rétroéclairé. Le système de vitres électriques est entièrement automatisé sur toutes les vitres. Le principal atout de l’habitacle du Nissan tient toutefois à l’ergonomie :
- La sellerie en tissu (sur la finition QE Yandex testée) offre un meilleur maintien en virage et reste plus fraîche par forte chaleur
- Une meilleure forme de siège et un meilleur réglage en profondeur de la colonne de direction, pour une position de conduite plus naturelle
- Un réglage du soutien lombaire disponible pour le conducteur comme pour le passager avant
- Toutes les vitres électriques disposent de la fonction une touche

Espace aux places arrière : la générosité chinoise l’emporte
Le Qashqai offre un espace suffisant pour les genoux et la tête à l’arrière pour la plupart des passagers. Mais le Changan CS75 FL, plus grand, évolue dans une tout autre catégorie :
- Le passager central à l’arrière bénéficie d’un plancher quasiment plat — pas de véritable tunnel de transmission
- Les dossiers arrière sont inclinables
- L’assise du siège est légèrement inclinée vers le bas et vers l’avant, pour une posture plus détendue
- Les ouvertures de portes sont nettement plus larges et plus hautes que celles du Qashqai
Performances du moteur et de la boîte de vitesses
Le Changan CS75 FL est équipé d’un quatre-cylindres turbocompressé de 1,8 litre de la famille BlueCore. Bien qu’homologué à 150 ch sur ce marché (163 ch sur le marché domestique), il paraît plus puissant à l’usage — proche de 170 ch en ressenti. Voici les points forts côté performances :
- Un couple important dans le régime intermédiaire : les 245 Nm sont disponibles sur toute la plage médiane
- D’excellentes capacités de dépassement grâce à une réponse linéaire de l’accélérateur
- Associé à une boîte automatique Aisin à 6 rapports qui passe les vitesses en douceur, même en rétrogradage forcé
- Petit bémol : la boîte hésite brièvement lorsque plusieurs rétrogradages sont nécessaires en même temps
- Le bruit moteur devient perceptible en forte sollicitation
Le Nissan Qashqai utilise un moteur atmosphérique de 2,0 litres développant 144 ch, associé à une boîte CVT Jatco. Malgré un meilleur temps officiel de 0 à 100 km/h sur le papier, il paraît plus lent en conduite réelle :
- Le moteur monte en régime avec réticence, en particulier à basse vitesse
- La boîte CVT perd en sensations à l’accélérateur en accélération forte et devient audiblement sollicitée
- Aucun mode Sport disponible
- Cela dit, en conduite urbaine avec des sollicitations modérées, le Qashqai se montre souple, raffiné et facile à conduire

Tenue de route et confort de roulement
La direction du Nissan Qashqai est lourde et peu communicative, et l’essieu arrière multibras suit le tracé plutôt qu’il ne le guide en virage. Le roulis reste relativement contenu, et le châssis dispose d’une bonne adhérence limite — mais une fois la limite atteinte, ce sont les roues avant qui décrochent en premier. Le Changan CS75 FL commence lui aussi à sous-virer avant le Nissan, mais offre un retour d’informations bien meilleur au conducteur :
- Une direction transparente avec un bon ressenti de la route
- Une plage dynamique plus large avant d’atteindre la limite de tenue de route
- La suspension absorbe très bien les petites imperfections urbaines
- Le comportement reste maîtrisé sur les surfaces dégradées
- Seul point faible : les gros nids-de-poule provoquent des chocs secs et violents lorsque les amortisseurs atteignent leurs limites
En matière de bruit dans l’habitacle, le CS75 FL est globalement plus silencieux — principalement grâce à un bruit de roulement des pneus moins envahissant que sur le Qashqai.
Capacités de tout-terrain léger
C’est ici que le CS75 FL conserve un autre avantage net sur le Qashqai :
- Le système électronique de répartition du couple du Changan réagit plus rapidement et plus précisément en cas de patinage des roues
- Sur sol boueux ou glissant, les différentiels autobloquants simulés du CS75 FL s’engagent en douceur, avec un minimum d’hésitation
- Les systèmes électroniques du Qashqai répondent avec un temps de latence notable, laissant les roues patiner inutilement
- La souplesse de la boîte CVT joue en défaveur du Qashqai lorsqu’une transmission de couple soutenue est nécessaire pour la traction
- Les deux véhicules annoncent 200 mm de garde au sol, mais seul le CS75 FL tient réellement cette promesse — la protection en acier sous caisse du Qashqai ne laisse que 180 mm

Verdict : le Changan CS75 FL bat-il le Nissan Qashqai ?
Dans la plupart des catégories mesurables, le CS75 FL devance le Qashqai :
- Performances : le Changan l’emporte grâce à une accélération réelle plus forte et une boîte de vitesses plus réactive
- Confort de roulement : le Changan l’emporte grâce à un meilleur réglage des suspensions et un habitacle plus silencieux
- Espace aux places arrière : le Changan l’emporte nettement
- Capacités tout-terrain : le Changan l’emporte grâce à une électronique 4×4 plus réactive et une garde au sol réelle
- Ergonomie de conduite : le Nissan l’emporte grâce à une meilleure position de conduite, un soutien lombaire et une sellerie supérieure
- Raffinement urbain : le Nissan l’emporte grâce à une expérience de conduite plus souple et moins exigeante dans la circulation
- Équipements de confort : aucun des deux ne convainc — le Changan manque d’options chauffantes, le Qashqai manque de sportivité
Le Changan CS75 FL est proposé à un prix plus élevé qu’auparavant, et l’absence d’équipements chauffants constitue une lacune réelle à ce niveau de gamme. Mais le Nissan Qashqai deux litres 4×4 pleinement équipé, en finition LE haut de gamme, coûte encore plus cher — et offre moins dans la plupart des situations de conduite. Pourtant, les ventes du Qashqai restent plus soutenues. Fidélité à la marque, scepticisme persistant envers les voitures chinoises ou simple habitude : la question reste ouverte. Une question interrompue, dans notre cas, par un bruit sourd provenant de quelque part sous le plancher du Changan.
Ceci est une traduction. Vous pouvez lire l’article original ici : https://www.drive.ru/test-drive/changan/nissan/5efc98e6ec05c4ea6d000024.html
Publié Novembre 10, 2022 • 8m à lire