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Sur roues : reportage au musée des Transports en Islande

Sur roues : reportage au musée des Transports en Islande

Après avoir fait tourner les roues de son fauteuil roulant, l’homme a disparu dans la pénombre du hangar, actionné l’interrupteur puis, en attendant que les lampes chauffent, esquissé un sourire modeste. Je suis resté figé un instant, puis j’ai eu envie de me pincer : c’est le sosie de notre musée des Véhicules et de l’Automobile ! Le décor représentant un coin de vieux garage était littéralement le reflet du stand Autorodeo que nous avions créé pour les salons de voitures anciennes — vous vous souvenez de notre Fiat noire et bleue devant un vieil atelier ? Et la collection elle-même : quel mélange de véhicules rétro, et quels ingrédients ! Le mini-tracteur Oliver Cletrac HG, le phaéton américain Dixie Flyer de 1919, la voiture électrique danoise Kewet El Jet, les véhicules tout-terrain semi-chenillés Bombardier. Et comment nos Moskvitch, Lada, Gazon et « Boukhanka » se sont-ils retrouvés ici ?

A recreated garage setting with a Fiat 500 Topolino

Nous avions recréé un décor de garage semblable sur l’un de nos stands d’exposition. Et la voiture était la même : une Fiat 500 Topolino.

Pourquoi trouve-t-on des voitures soviétiques en Islande ?

Il s’avère qu’il y a eu des livraisons officielles, à différentes époques. Elles ont été rendues possibles par les « guerres de la morue », comme on les appelle, que l’Islande a menées contre la flotte de pêche britannique en interdisant à ses navires de pêcher près de l’île. En représailles, les Britanniques ont imposé un embargo sur les produits de la mer islandais. Mais la leçon n’a pas porté : l’Union soviétique a volontiers acheté le poisson sous embargo, qu’elle a payé en véhicules et en tracteurs.

Ce qui plaisait aux Islandais

La vedette de la première vague d’importations soviétiques était le GAZ-69. Il ne brillait pas par sa puissance, mais en Islande, il surpassait les Willys, Jeep, Ford et Land Rover bien connus en matière d’habitabilité et de confort de conduite. Nos « Gazik » étaient ici transformés sans ménagement, car un véhicule doté d’une capote au lieu d’un toit rigide était inconcevable dans les conditions locales. Les « Boukhanka » d’Oulianovsk étaient appréciés pour leur capacité d’accueil, leur transmission intégrale avec gamme courte et leur polyvalence : sur route, ces véhicules à douze places roulaient plus vite que les Unimog allemands et leurs équivalents.

A Gazik modified for the Icelandic climate; soft-top examples are rare here

À cause du climat, nos « Gazik » étaient transformés sans ménagement en Islande. Une voiture à capote est une rareté ici.

A ZIS bonnet, all that is left of the marque in Iceland

Il ne reste aucune ZIS complète en Islande. Mais il y a un capot !
Second-wave deliveries: a Niva, a Bukhanka and a Kopeyka, still wearing Glavryba stickers

Les livraisons de la deuxième vague : Niva, « Boukhanka », « Kopeïka ». À en juger par les autocollants « Glavryba » conservés, les Islandais achetaient volontiers des véhicules soviétiques d’occasion, par l’intermédiaire des représentations commerciales soviétiques.

Un musée créé par une seule famille

Le musée des Transports local a été fondé par un habitant de Reykjavík, Ingólfur Krístiánsson. Une fois à la retraite, renouant avec une vieille passion pour la mécanique, il a quitté la vie citadine pour s’installer dans la petite ville d’Ístaðfell, où il avait passé son enfance. Son épouse est devenue l’âme de ce foyer de l’automobile et la responsable des relations publiques du projet. Grâce à ses efforts, le musée s’est transformé en un véritable pôle culturel, offrant aux propriétaires de voitures anciennes un endroit sûr pour les abriter. Le musée d’Ístaðfell s’est mis sur pied — ou plutôt sur roues — au milieu des grognements des voisins et des militants écologistes, qui demandaient : « Qu’avons-nous besoin d’un cimetière de voitures ici ? » Pourtant, année après année, la collection s’est enrichie jusqu’à réunir deux cent cinquante véhicules et plusieurs milliers d’objets plus petits.

A Moskvitch with its rear end protruding from under a bonnet

Ce derrière qui dépasse de sous le capot : une allusion à la fragilité de nos Moskvitch ?
Même chez nous, il ne reste que quelques Moskvitch de ce type.

Les noms islandais et le fils qui a pris la relève

Les époux sont décédés à moins de deux mois d’intervalle. Depuis 2003, le musée est dirigé par leur fils Sverrir Ingolfsson qui, malgré son handicap, mène toute une équipe de bénévoles habiles de leurs mains et convainc les autorités locales de soutenir financièrement le projet.

Ne vous étonnez pas non plus des particularités des noms. Ce que nous avons l’habitude de considérer comme un nom de famille est, en Islande, formé à partir du prénom du père ou de la mère : un patronyme ou un matronyme. Seules quelques personnes dans le pays portent de véritables noms de famille.

Sverrir Ingólfsson

Sverrir Ingolfsson

Que trouve-t-on d’autre dans la collection ?

A Dodge WC series military truck with a 750 kg payload

Un classique militaire américain : la série Dodge WC, avec une charge utile de 750 kg. Connue chez nous sous le nom de « Dodge trois quarts de tonne ».
A Willys MB, also known as the Ford GPW

Willys MB, également connu sous le nom de Ford GPW : après la guerre, ces voitures étaient nombreuses en Islande.
Car audio from the middle of the twentieth century, Soviet sets among it

Des équipements audio automobiles du milieu du 20e siècle. Y compris de fabrication soviétique !

Bref, si vous avez un moment, rendez-vous sur www.ystafell.is. Et si vous passez par l’Islande, prenez le temps de découvrir le passé automobile de l’Atlantique Nord.

A Swedish Aktiv Fischer Trac-Master tracked all-terrain vehicle

L’Aktiv Fischer Trac-Master suédois : les véhicules tout-terrain chenillés de ce calibre sont très recherchés dans la Russie d’aujourd’hui.
An Oliver Cletrac HG tractor, restored to perfection

Le tracteur Oliver Cletrac HG est restauré à la perfection !
An American Tucker Sno-Cat

Aujourd’hui, le Tucker Sno-Cat américain serait qualifié de véhicule amphibie des neiges.
A profile anyone who has lived in a village will recognise at once

Quiconque a vécu à la campagne reconnaîtra cette silhouette de loin.

Le musée des Transports d’Ístaðfell : l’essentiel

  • Où : dans la petite ville d’Ístaðfell, en Islande — www.ystafell.is
  • Fondateur : Ingólfur Krístiánsson, de Reykjavík, avec son épouse chargée de veiller sur la collection et de la faire connaître
  • À sa tête depuis 2003 : leur fils Sverrir Ingolfsson, accompagné d’une équipe de bénévoles
  • Taille : deux cent cinquante véhicules et plusieurs milliers d’objets plus petits
  • Pourquoi des voitures soviétiques : l’embargo des « guerres de la morue » — l’URSS achetait le poisson refusé par la Grande-Bretagne et le payait en véhicules et en tracteurs
  • Pièces phares : Oliver Cletrac HG, Dixie Flyer de 1919, Kewet El Jet danois, semi-chenillés Bombardier, Dodge WC, Willys MB, Tucker Sno-Cat

Questions fréquentes

Pourquoi un musée islandais possède-t-il des Moskvitch et des « Boukhanka » ? À cause des « guerres de la morue ». La Grande-Bretagne a imposé un embargo sur les produits de la mer islandais. L’Union soviétique les a achetés à sa place et les a payés en véhicules et en tracteurs.

Quel véhicule soviétique y donnait les meilleurs résultats ? Le GAZ-69 dominait la première vague grâce à son habitabilité et à son confort, plus qu’à sa puissance. Le « Boukhanka » à douze places était prisé pour sa capacité d’accueil, sa transmission intégrale avec gamme courte et sa vitesse sur route supérieure à celle d’un Unimog.

Pourquoi les noms islandais semblent-ils incohérents ? Ce ne sont pas des noms de famille. En Islande, le second nom est généralement formé à partir du prénom du père ou de la mère ; seules quelques familles portent de véritables noms de famille.

Quelle est la taille de la collection ? Deux cent cinquante véhicules, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’objets plus petits, des engins tout-terrain chenillés aux autoradios du milieu du siècle.

Photos : Konstantin Sorokin

Ceci est une traduction. Vous pouvez lire l’article original ici : На колесах: репортаж из музея транспорта в Исландии

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