Le Volvo XC60, le Land Rover Discovery Sport et le Mercedes GLC incarnent trois visions très différentes du crossover compact premium. Le Discovery Sport et le XC60 ont une histoire commune, mais le temps ne les a pas traités de la même manière : le XC60 a changé de génération et a considérablement grandi, tandis que le Discovery Sport n’a reçu que des mises à jour ponctuelles. Aujourd’hui, avec l’arrivée du Mercedes GLC restylé, nous avons droit à un duel à trois qui couvre presque tous les recoins du segment.

Prix et rapport qualité-prix : quel crossover en offre le plus pour votre argent ?
Le Land Rover Discovery Sport constitue le ticket d’entrée le plus abordable de ce comparatif — et, à budget égal, il propose en réalité le meilleur rapport puissance/équipement des trois. Renoncez au kit carrosserie R-Dynamic et vous pourrez vous offrir un Sport P250 de 250 ch au prix de notre modèle d’essai de 200 ch. Voici comment les trois se positionnent au niveau de leur version de base :
- Land Rover Discovery Sport : le plus abordable, meilleur rapport puissance/prix, variante P250 de 250 ch disponible dans le budget
- Volvo XC60 T5 : tarif intermédiaire, 250 ch, équipement de série généreux
- Mercedes GLC 200 : tarif premium, 200 ch, sellerie en similicuir et réglages de sièges partiellement mécaniques en version de base
Design intérieur et infodivertissement : écrans, boutons et qualité de fabrication
Installez-vous à bord de chacun de ces crossovers et vous découvrirez trois philosophies bien distinctes en matière d’aménagement intérieur et de technologie.
L’habitacle du Volvo XC60 est un véritable plaisir. Le système d’infodivertissement Sensus, avec son écran tactile vertical, réagit rapidement et avec fluidité — un contraste saisissant avec la lenteur constatée dans le Discovery. Le revers de la médaille ? Les boutons physiques se font rares. Envie de sièges chauffants ou d’un volant chauffant ? Il faudra plonger dans un menu. Le système start/stop est lui aussi enfoui dans les réglages — frustrant, d’autant que le système Volvo coupe et redémarre le moteur même lors d’un passage lent de D à R.
Le Mercedes GLC est celui qui impressionne le plus à l’intérieur. La qualité des matériaux est élevée, le soin apporté aux détails est excellent, et l’écran multimédia — posé en saillie sur la planche de bord — propose une interface intuitive aux graphismes nets. Surtout, Mercedes n’a pas totalement capitulé devant le tout-tactile :
- Boutons physiques de climatisation avec retour tactile
- Fonctions de conduite essentielles accessibles sans naviguer dans les menus
- Des boutons petits et uniformes, mais réactifs et fiables
Le Land Rover Discovery Sport offre une position de conduite haute, donnant au conducteur une vue dominante — mais le capot large rend l’appréciation de l’avant délicate. Une caméra à 360 degrés avec fonction « capot transparent » est disponible, mais l’écran horizontal en basse résolution la rend quasiment inutilisable. Plus agaçant encore, le système multimédia Touch Pro continue de décevoir avec ses temps de réponse poussifs et son image scintillante. Ce sont des problèmes que nous avions déjà signalés lors d’essais précédents, et ils demeurent sans solution.
Espace aux places arrière et confort des passagers
L’espace à bord est un critère clé dans le segment des crossovers compacts. Voici comment les trois se comparent à l’arrière :
- Land Rover Discovery Sport : espace aux jambes étonnamment généreux malgré des dimensions compactes — les passagers de petite taille peuvent même croiser les jambes. L’accès est le plus difficile des trois en raison d’un seuil haut et d’une ouverture de porte rétrécie par le passage de roue.
- Volvo XC60 : la garde au toit est excellente et l’espace aux jambes est important — les pieds peuvent se glisser sous les sièges avant. La largeur est la meilleure de la catégorie ; deux adultes aux épaules larges s’installeront confortablement côte à côte.
- Mercedes GLC : le plus spacieux dans l’ensemble, égalant le Disco pour l’espace aux genoux et le Volvo pour la garde au toit. En revanche, les sièges arrière chauffants, les ports de charge USB et les poches d’aumônière des sièges avant sont tous absents sur la finition de base GLC 200.

Performances du moteur et accélération
Les trois crossovers développent environ 200 ch dans leur configuration de base, mais ils délivrent cette puissance de manière très différente.
Le Mercedes GLC 200 joue au-dessus de sa catégorie. Il s’élance vivement à l’arrêt et offre une accélération linéaire et assurée. La boîte automatique à 9 rapports enchaîne les montées de rapports sans à-coups, même si les rétrogradages peuvent s’accompagner de légères secousses. Le mode Sport affûte sensiblement la réponse à l’accélérateur sans pénaliser lourdement la consommation — l’ordinateur de bord a relevé environ 9 l/100 km durant les essais.
Le Volvo XC60 est le plus lourd des trois, avec près de 130 kg de plus, et pourtant c’est le plus rapide. L’accélération monte en puissance avec douceur et assurance, sans creux ni sursauts. La boîte automatique privilégie l’onctuosité avant tout — même en mode Dynamic elle reste résolument douce, ce qui peut se révéler frustrant lorsqu’on recherche de l’urgence. La consommation s’est établie autour de 10,5 l/100 km.
Le Land Rover Discovery Sport est le moins gratifiant à conduire vite. Il lui faut une seconde de plus que le GLC pour atteindre les 100 km/h, malgré un poids à vide annoncé similaire. Les légères sollicitations de l’accélérateur produisent des réactions imprévisibles, la pédale ne semble vraiment reliée au moteur qu’à partir d’angles d’enfoncement importants, et la boîte automatique est nettement plus rugueuse que celle du GLC. La consommation a grimpé jusqu’à 13 l/100 km.

Comportement routier et dynamique de conduite
Sur les routes sinueuses, les différences de caractère entre ces trois modèles deviennent encore plus évidentes.
Le Mercedes GLC se montre étonnamment agile. Le roulis est comparable à celui de la berline Classe C avec laquelle il partage sa plateforme. La direction est précise et informative, ce qui permet de placer facilement la voiture, qu’il s’agisse d’enchaîner un échangeur d’autoroute ou de négocier un virage serré à 90 degrés.
Le Volvo XC60 est réglé pour une progression posée et sans hâte. Le roulis est minime, mais la direction répond avec une hésitation délibérée — elle entretient l’impression d’une voiture grande et massive. Dans les réglages du châssis, l’accent est clairement mis sur la solidité plutôt que sur la sportivité. La direction se durcit en mode sport, mais au détriment du ressenti et des remontées d’informations.
Le Land Rover Discovery Sport est le moins bon châssis du trio. Il s’élargit dans les courbes douces et penche nettement dans les virages serrés. La direction est parasitée par une résistance rugueuse permanente, et la suspension — pourtant efficace sur les gros obstacles — donne au crossover une sensation de lourdeur et de pataudise dans les enchaînements. Paradoxalement, le Discovery 5, pourtant plus grand, paraît plus agile et plus posé sur route.
Confort de roulement et bruit dans l’habitacle
C’est sur le confort et le raffinement que le Volvo XC60 brille vraiment.
- Volvo XC60 : la suspension pneumatique absorbe sans effort la grande majorité des bosses et des irrégularités. Le double vitrage réduit drastiquement les bruits aérodynamiques — les camions que l’on croise ne sont plus qu’un murmure. L’habitacle le plus silencieux des trois, et de loin.
- Mercedes GLC : la suspension est ferme et contrôle bien les mouvements de caisse, mais les amortisseurs paraissent légèrement trop tarés sur les revêtements dégradés, et l’on perçoit des claquements de la suspension sur les irrégularités répétées. Davantage de bruits de roulement et de bruits extérieurs que dans le Volvo.
- Land Rover Discovery Sport : la suspension encaisse bien les gros impacts mais retranscrit trop finement les petites aspérités, donnant l’impression d’un SUV d’ancienne génération à essieu arrière rigide. L’habitacle le plus bruyant du groupe, et les freins génèrent une vibration à l’arrêt aux feux rouges.

Aptitudes en tout-terrain : Terrain Response, antipatinage et garde au sol
On n’achète pas ce segment avant tout pour le tout-terrain, mais les capacités comptent tout de même — et les résultats sont surprenants.
Le mode Off-Road du Volvo XC60 porte la garde au sol à 25 cm, linéarise la réponse à l’accélérateur sur les surfaces glissantes et active automatiquement l’assistance à la descente. C’est un système unique et clairement structuré, qui supprime la complexité et réduit au minimum le risque d’erreur du conducteur.
Le système Terrain Response 2 du Land Rover Discovery Sport propose un mode pour presque chaque type de surface, mais l’exécution manque de constance :
- Mode Neige : l’électronique réagit vite mais trop en douceur — insuffisant pour gravir des pentes glissantes
- Mode Sable : intervention électronique minimale, ce qui convient aux surfaces meubles ou aux glissades maîtrisées
- Mode Boue : le plus polyvalent, mais le blocage simulé du différentiel transversal ne s’active qu’une fois le patinage déjà survenu — moment auquel la voiture a peut-être déjà quitté sa trajectoire idéale
Le Mercedes GLC ne dispose d’aucun mode tout-terrain dédié, et pourtant il s’est montré impressionnant hors bitume partout où ses porte-à-faux le lui permettaient. Le débattement de suspension est comparable à celui du Discovery Sport, et le système d’antipatinage de série a empêché toute perte de motricité sur les pentes verglacées, sans la moindre intervention du conducteur. Son pare-chocs avant à liseré chromé pardonne moins les contacts que le kit carrosserie R-Dynamic repeignable du Land Rover — mais là où il peut passer, il passe avec assurance.

(À droite, le Land Rover Discovery Sport, au milieu, le Volvo XC60, et à gauche, le Mercedes GLC)

Verdict : quel crossover premium faut-il acheter ?
Le GLC est une voiture de contrastes — discret à l’extérieur, étonnamment vif et compétent une fois en mouvement. C’est une proposition séduisante, mais sa version de base dépouillée et l’ambiguïté de son caractère le rendent plus difficile à recommander qu’il ne devrait l’être.
Le Discovery Sport reste la porte d’entrée la plus abordable vers un crossover premium, et il conserve une véritable crédibilité en tout-terrain. Mais il accuse son âge sur presque tous les points mesurables : infodivertissement, dynamique, raffinement et efficience sont tous en retrait face à la concurrence.
Le Volvo XC60 est ici l’ensemble le plus abouti. Il est superbe, offre un confort de roulement remarquable, délivre les meilleures performances, et enveloppe le tout dans un habitacle calme, silencieux et magnifiquement assemblé. Il n’étale pas son prix et ne cherche pas à être ce qu’il n’est pas. Les chiffres de ventes le confirment : le XC60 se vend systématiquement mieux que le GLC et le Discovery Sport, et l’on comprend aisément pourquoi. Pour les acheteurs en quête du meilleur crossover polyvalent de la catégorie, le Volvo demeure la référence.
Ceci est une traduction. Vous pouvez lire l’original ici : https://www.drive.ru/test-drive/landrover/mercedes/volvo/5dfcdeddec05c4af7700000f.html
Publié Mars 30, 2023 • 9m à lire